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Les singuliers d'Anne Percin

Les singuliers

Roman d’Anne Percin

Éditions Babel – 2016

À partir des lettres de trois personnages fictifs, Anne Percin nous transmet l’ambiance et des détails sur le quotidien des peintres installés à Pont-Aven ou au Pouldu vers la fin du XIXe siècle dont Gauguin, Émile Bernard, Meyer de Haan … Les correspondances de Hugo Boch avec son ami Tobias et sa cousine Hazel, par le travail d’Hugo nous parlent aussi de l’arrivée de la photographie dans l’art et la vie quotidienne des gens des villages. Tous trois évoquent les mouvements nouveaux en peinture, les conflits qui opposent les différents courants artistiques, le nabisme, l’impressionnisme, l’académisme. Un peintre se distingue, exceptionnel, mais inclassable : Vincent Van Gogh interpelle, mais n’est pas reconnu, on le renvoie toujours à sa folie. L’auteur offre un regard extérieur sur la relation entre Gauguin et Van Gohg.

J’ai trouvé ce livre passionnant. Il me donnerait presque envie de reprendre mes pinceaux dans cette période de confinement. La correspondance datant de 1888 à 1891 évoque la grippe espagnole et les nombreux morts qu’elle a provoqués, elle permet ainsi un parallèle avec notre situation actuelle. Peu de précautions étaient prises à l’époque, essayons de faire mieux !!!

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La veuve des Van Gogh

Wet Eye Glasses

La veuve des Van Gogh

Roman de Camilo Sánchez

Traduction de l’espagnol (Argentine) par Fanchita Gonzalez Batlle
Éditions Liemonji étoile de mer 4 a lire absolumentana Levi – 2017
Dans « La veuve des Van Gogh », l’auteur nous dévoile des extraits du journal intime de Johanna Van Gogh-Bonger, l’épouse de Théo, écrit l’année qui a suivi le décès de son beau-frère Vincent Van Gogh. Ce livre parle de la fin de vie de Théo. Terrassé par le « suicide » par arme à feu de son frère, il s’éteint six mois seulement après la mort de celui-ci. Théo se reproche de ne pas avoir réussi à faire connaître les œuvres de l’artiste alors qu’il est persuadé de son talent. Il tente jusqu’à la fin de sa vie de mettre en place une exposition qui lui est encore une fois refusée.
Nous connaissons déjà le lien fusionnel entre les deux frères, l’auteur Camilo Sánchez nous fait découvrir la réaction de l’épouse de Théo à la suite de son décès. Johanna prend connaissance des lettres de Vincent à Théo et décide de prendre en main la succession des deux frères. La veuve va enfin réussir à faire connaître les peintures de Van Gogh tout d’abord en Hollande puis permettre à ce peintre de génie d’obtenir la renommée internationale qu’il mérite.
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Vagabondages en Presqu’île de Crozon

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Vagabondages en Presqu’île de Crozon

Raphaël Salzedo (photographies) et Gabriel-Xavier Culioli (texte)

Éditions Grandvaux – Juin 2019

 

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Pendant le mois de Juillet, j’ai eu l’occasion d’admirer l’exposition de Raphaël Salzedo à la Maison des 3 Métiers, 13 rue Alsace Lorraine à Crozon. N’hésitez pas à passer le pas de cette porte, située à l’angle extérieur de la place de l’église, au bout du long couloir, vous découvrirez souvent de belles surprises. Hélas, l’exposition est terminée, mais vous pouvez retrouver ses photographies pleines de sensibilité, de poésie et de douceur dans un recueil où elles sont accompagnées des textes de Gabriel-Xavier Culioli. 

Raphaël Salzedo a choisi le Noir et Blanc et un développement argentique pour pouvoir travailler sur la lumière, les contrastes et le grain de ses photographies. Certaines d’entre elles donnent l’impression d’être des tableaux à l’encre de chine dessinés à la plume ou au pinceau. Pour d’autres oeuvres, il n’hésite pas à utiliser de façon subtile des techniques d’assemblage à partir de ses tirages originaux. La manière dont sont cadrés les marins dans les haubans révèle la qualité de ce travail artistique. J’ai eu un coup de coeur pour ces photographies, il me reste encore à découvrir les textes de Gabriel-Xavier Culioli …

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Bleu de Delft

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Bleu de Delft

Roman de Simone vander Vlugt – 2016

Traduction Guillaume Deneufbourg

Éditions Philippe Rey 10/18 – Prix des libraires 2019emonji étoile de mer 4 a lire absolument

 

 

En mars 1653, la jeune Néerlandaise Catrijn quitte sa campagne natale après la mort de son mari dont elle subissait des violences qui en plus d’être quotidiennes, lui ont fait perdre son enfant. Elle tente sa chance à Amsterdam où elle trouve un travail d’intendante chez un couple dont la femme est peintre. Catrijn, qui a dû abandonner sa passion la peinture pour un mariage décevant, se retrouve à aider sa patronne dans la préparation de ses couleurs (comme le bleu tiré du lapis-lazuli). La jeune femme suit ainsi discrètement les leçons que sa maîtresse reçoit d’un élève de Rembrandt. Son passé la poursuit, le frère de son mari refusant de la voir partir avec son héritage, a fait ouvrir une enquête. Catrijn qui vient de rencontrer l’amour doit se résoudre à partir encore plus loin …

Ce roman nous fait suivre le parcours d’une femme forte, décidée à survivre à la violence conjugale, mais aussi prête à suivre les opportunités qu’on lui offre pour vivre de sa passion. La peinture, au XVIIe siècle aux Pays-Bas, n’était pas très accessible aux femmes, encore moins aux filles de paysans. Bleu de Delft nous fait découvrir le monde de la faïence néerlandaise, qui a pris son essor à cette période. Simone Van der Vlugt évoque très peu la peinture de Rembrandt et de Johannes Vermeer qui a peint la toile « La femme en bleu lisant une lettre » qui sert de couverture à son roman. Ces peintres sont les personnages secondaires de cette histoire pleine de rebondissement.

 

 

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Vincent qu’on assassine

Vincent qu'on assassine Marianne Jaeglé

Vincent qu’on assassine

Roman de Marianne Jaeglé

Édition L’arpenteur (Gallimard – Avril 2016)           cropped-emonji-étoile-de-mer-6-magnifique.png                        Vincent qu'on assassine

D’après les conclusions des historiens Steven Naifeh et Gregory White Smith, Vincent Van Gohg a été assassiné. Se basant sur cette conclusion, Marianne Jaeglé retrace les dernières années de vie de Vincent Van Gogh, de mai 1888, période où il vivait à Arles et espérait la venue de Paul Gauguin, jusqu’au jour fatidique du 25 juillet 1890 où il mourut d’une blessure par balle.

Ce roman est empreint d’émotions que Marianne Jaegle a su merveilleusement restituées. Nous rentrons dans la peau du peintre Vincent Van Gogh, l’éternel écorché vif, au coeur rempli de doute, n’ayant aucune confiance en lui, ni en son talent, mais ne pouvant vivre qu’on peignant, persuadé d’être un poids pour son frère Théo qui croit en lui envers et contre tout et ne sait comment lui faire comprendre. L’auteur réussit brillamment à nous démontrer comment la société dans laquelle vivait Vincent Van Gogh a pu engendrer cette terrible fin.

Interview de Marianne Jaegle

J’avais eu l’occasion d’apprécier le film « At Eternity’s Gate » de Julian Schnabel, sorti le 15 Février sur Netflix, avant de lire le roman de Marianne Jaegle.