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La part de joie de Jana Zdenkova

La part de joie

Roman de Jana Zdenkova

Éditions Spinelle – Octobre 2020

En 1968 la jeune Lenka ayant vécu le Printemps de Prague et ses manifestations, se retrouve obligé de quitter son pays et à sa famille. En Allemagne où elle a obtenu l’asile politique, Lenka reconstruit sa vie au fil des rencontres. Elle cherche sa voie professionnelle qu’elle trouve dans l’aide aux personnes en difficulté. Quand lors d’un voyage en bord de mer en Bretagne en 1982, elle tombe amoureuse d’un homme et des paysages de ce bout du monde, Lenka suit ce que lui dicte son coeur. Son caractère entier et spontané, la pousse vers cette nouvelle vie, une nouvelle langue, de nouveaux espoirs, abandonnant ses amis et sa formation d’art-thérapeute qu’elle venait de commencer. La difficulté de la langue française oblige Lenka à abandonner sa carrière, elle a du mal à trouver sa place et vit dans le regret de son pays maternel, de sa famille, de ses amis, de cette possibilité d’une autre vie qu’elle a laissée derrière elle …

Ce roman de Jana Zdenkova raconte la vie d’une femme au fort tempérament qui se laisse guider par ses sentiments, mais qui tient à garder un équilibre entre vie familiale et professionnelle. Nous la suivons dans son parcours, au fil des conversations entre amies, de ses voyages, de ses réflexions, dans sa quête pour se retrouver pleine et entière.

Les nouveautés, Roman, Témoignages et autobiographies

Térébenthines de Carole Fives

Térébenthine

Roman de Carole Fives

Éditions Gallimard – Octobre 2020

La narratrice arrive aux beaux-arts avec des rêves plein la tête, elle fait connaissance de Luc et Lucie qui partagent avec son goût pour la peinture. En rupture avec les courants artistiques des années 2000, le petit groupe se retrouve isolé, réduit à fréquenter les sous-sols des beaux-arts, moqué souvent. Parmi, les peintres étudiés peu sont des femmes, la narratrice se rebiffe …

Roman très intéressant qui évoque les années Beaux-arts de l’auteur. Le sujet de ce livre me semble complémentaire à mon propre récit que j’ai édité cette année « Frère et sœur, À chacun son chemin » bien que le passage aux Beaux-arts de mon frère se situe à la fin des années 80. L’obligation de se remettre en question imposée aux jeunes étudiants les déstabilisait déjà énormément. L’emploi du pronom personnel « tu » comme narrateur m’a un peu surprise.

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Oublier Klara d’Isabelle Autissier

Oublier Klara

Roman d’Isabelle Autissier

Éditions Stock – Avril 2019

Iouri installé depuis plus de vingt ans aux États-Unis a été appelé à Mourmansk en Russie, au chevet de son père mourant. Revenir auprès d’un père qui a été violent, n’est pas facile pour Iouri, mais quelque chose le pousse à revenir sur les lieux de son enfance malheureuse. Une seule chose retient le vieil homme de quitter ce monde. Cet homme rude qui a fait carrière en tant que patron de pêche voudrait savoir ce qui est arrivé à sa mère Klara arrêtée sous ses yeux et devant son père Anton, à l’époque stalinienne, alors qu’il n’était qu’un enfant. Il confie à Iouri son fils, le soin de mener l’enquête et de retrouver les traces de cette grand-mère qu’il avait fallu oublier.

Ce très beau roman d’Isabelle Autissier nous fait entrer dans la vie de trois générations marquées par le communisme. Avec beaucoup de talent, l’auteur nous plonge dans l’univers de ce peuple meurtri qui peine à regarder sa propre histoire en face.

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Auteurs francophones, Roman

Cueilleuse de thé

Cueilleuse de thé

Roman de Jeanne-Marie Sauvage-Avit

Édition Pocket – Janvier 2019

Shenlaheila, une jeune cueilleuse de thé dans une plantation du Sri Lanka près de Colombo, se sent vulnérable depuis la mort de sa mère. Le kangani Datu-Guemi, le contremaître la regarde avec trop d’attention. La jeune femme décide de partir en Angleterre dans le but de se former à la comptabilité et au commerce pour revenir travailler en tant que vendeuse et pouvoir un jour tenir sa propre boutique. L’argent que sa mère a mis de côté lui servira pour quitter l’île. Les ambitions de Shenlaheila sont mises à mal par la réalité, mais de bonnes personnes l’aideront sur son chemin.

Ce livre qui a reçu le prix du roman romantique raconte une belle histoire. Il le mérite, l’écriture est agréable, les personnages attachants. J’aurai aimé plus de descriptions du Sri Lanka, sentir la moiteur, voir les couleurs vives et leurs contrastes. L’écrivain nous plonge dans un univers dur où les droits de la femme ne sont pas respectés. Derrière la belle carte postale se cache une autre réalité que le touriste ne découvre pas forcément. Mais attention de ne pas stigmatiser, le nombre de femmes tuées par leur conjoint en France au courant de l’année 2019 est aussi une réalité non visible. Le roman évoque en grande partie les espoirs du migrant et ses désillusions. Shenlaheila, l’héroïne est une battante qui sait trouver le positif dans ses nouvelles expériences.

L’auteur s’est documenté, elle donne ses sources à la fin du roman. J’ai trouvé le rapport de stage d’Aude Antoinette, « Les cueilleuses sri lankaises : Rapports sociaux de sexe dans les plantations de thé » très interressant. Les plantations du Sri Lanka manquant de main-d’oeuvre ont fait venir des femmes du sud de l’Inde pour cueillir le thé. Elles étaient déconsidérées, mal logées, mal payées … à la merci des kanganis. L’alcool a un rôle amplificateur sur les violences faites aux femmes.

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L’île aux enfants

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L’île aux enfants

Roman d’Ariane Bois

Éditions Belfond Pointilléscropped-emonji-étoile-de-mer-6-magnifique.png – Mars 2019

 

 

 

À la Réunion, un matin de 1963, alors que leur Maman vient d’être hospitalisée, Pauline et sa petite sœur Clémence, sont contraintes à monter dans un véhicule rouge qui les emmènera de force dans un centre en attendant d’être envoyées en métropole. Dans la Creuse, les deux gamines de six et quatre ans sont séparées. Pauline, confiée à un couple de paysans, ne reverra plus sa soeur.

En 1998, Caroline voit sa mère, enfant adoptée, réagir fortement à une émission de radio qui évoque les enfants réunionnais enlevés entre 1963 et 1982 dans le but de repeupler la métropole. Caroline, jeune journaliste, enquête sur les origines de sa mère Isabelle.

Cette histoire met en lumière le destin de ces enfants qui ont subi la violence de l’arrachement à leurs familles, à leur île pour être transférés dans un monde inconnu et froid, loin de leur origine et leur culture. Certains ont eu la chance de tomber sur de bonnes familles d’accueil ou adoptives, mais nombreux sont devenus corvéables à merci, ont subi des violences. Ariane Bois nous offre un roman bien construit, touchant, plein de sensibilité, que j’ai beaucoup aimé et que je vous conseille fortement.

Auteurs français, Lectures partagées

Les heures souterraines

Les heures souterraines delphine de Vigan

Les heures souterraines

Roman de Delphine de Vigan

Éditions JC Lattès – Août 2009emonji étoile de mer 3 a lire avec plaisir

 

 

 

Mathilde vit la violence au quotidien depuis qu’elle a osé émettre un avis contraire à celui de son supérieur hiérarchique. Harcelée depuis 9 mois, elle n’en peut plus et espère que quelque chose arrivera enfin ce jour de mai pour que cela cesse. Dans le même temps, Thibault, qui travaille pour les Urgences Médicales de Paris, subit une relation qui ne lui convient pas avec une femme qui semble le considérer uniquement comme un amant et ne souhaite rien partager avec lui.  Il décide de la quitter et malgré l’état psycologique dans lequel il se trouve, Thibault choisit de poursuivre sa tournée.  Ces deux personnages en souffrance évoluent dans la ville durant cette journée de mai, leurs deux solitudes se croiseront-elles ?

Dans son roman, Les heures souterraines, Delphine de Vigan développe avec brio le sujet du harcèlement au travail et la misère de tous les jours. Son regard sur cette violence silencieuse est pertinante mais d’une grande tristesse.

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Oublier Klara d’Isabelle Autissier

Oublier Klara Isabelle Autissier

Oublier Klara

Roman d’Isabelle Autissier

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Éditions Stock – Avril 2019

Iouri installé depuis plus de vingt ans aux États-Unis a été appelé à Mourmansk en Russie, au chevet de son père mourant. Revenir auprès d’un père qui a été violent, n’est pas facile pour Iouri, mais quelque chose le pousse à revenir sur les lieux de son enfance malheureuse. Une seule chose retient le vieil homme de quitter ce monde. Cet homme rude qui a fait carrière en tant que patron de pêche voudrait savoir ce qui est arrivé à sa mère Klara arrêtée sous ses yeux et devant son père Anton, à l’époque stalinienne, alors qu’il n’était qu’un enfant. Il confie à Iouri son fils, le soin de mener l’enquête et de retrouver les traces de cette grand-mère qu’il avait fallu oublier.

Ce très beau roman d’Isabelle Autissier nous fait entrer dans la vie de trois générations marquées par le communisme. Avec beaucoup de talent, l’auteur nous plonge dans l’univers de ce peuple meurtri qui peine à regarder sa propre histoire en face.

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La voix des vagues

La voix des vagues Jackie Copleton

La voix des vagues

Roman de Jackie Copleton

Traduction de Freddy Michalski

Éditions Pocket – 2018cropped-emonji-étoile-de-mer-6-magnifique.png

 

 

Amaterasu Takahashi a quitté Urakami près de Nagasaki, avec son mari Kenzo, peu de temps après que la bombe atomique ait réduit la ville à néant. Sa fille Yuko et son petit fils Hideo ayant disparu dans l’enfer des flammes et leur beau-fils Shige Watanabe n’étant pas revenu de la guerre, ils décident de partir aux États-Unis pour ne plus avoir sous les yeux les lieux où leur enfant et petit-enfant ont vécu. Mais quarante ans plus tard, un homme au visage défiguré par des brûlures tape à sa porte et lui dit être son petit fils Hideo Watanabe. Amaterasu qui a recherché partout et sans répit son petit fils, n’arrive pas à croire à ce miracle qu’elle ne pense pas mériter. Cette réapparition lui ramène un passé douloureux en mémoire, leur vie avant la bombe avec ces compromis et ses secrets …

Ce roman de Jackie Copleton nous rappelle l’enfer de la guerre et les conséquences de la bombe atomique sur la population japonaise par le biais de cette famille dont la vie a été stoppée net au moment de la catastrophe. Par le parcours d’une mère et de sa fille, l’auteur nous montre le changement sociétal du début du XXe siècle au Japon. J’ai trouvé cette histoire passionnante, bien construite, avec des personnages simplement humains et attachants.

Auteurs étrangers, Lectures partagées, Roman

Bleu de Delft

Bleu-de-Delft

Bleu de Delft

Roman de Simone vander Vlugt – 2016

Traduction Guillaume Deneufbourg

Éditions Philippe Rey 10/18 – Prix des libraires 2019emonji étoile de mer 4 a lire absolument

 

 

En mars 1653, la jeune Néerlandaise Catrijn quitte sa campagne natale après la mort de son mari dont elle subissait des violences qui en plus d’être quotidiennes, lui ont fait perdre son enfant. Elle tente sa chance à Amsterdam où elle trouve un travail d’intendante chez un couple dont la femme est peintre. Catrijn, qui a dû abandonner sa passion la peinture pour un mariage décevant, se retrouve à aider sa patronne dans la préparation de ses couleurs (comme le bleu tiré du lapis-lazuli). La jeune femme suit ainsi discrètement les leçons que sa maîtresse reçoit d’un élève de Rembrandt. Son passé la poursuit, le frère de son mari refusant de la voir partir avec son héritage, a fait ouvrir une enquête. Catrijn qui vient de rencontrer l’amour doit se résoudre à partir encore plus loin …

Ce roman nous fait suivre le parcours d’une femme forte, décidée à survivre à la violence conjugale, mais aussi prête à suivre les opportunités qu’on lui offre pour vivre de sa passion. La peinture, au XVIIe siècle aux Pays-Bas, n’était pas très accessible aux femmes, encore moins aux filles de paysans. Bleu de Delft nous fait découvrir le monde de la faïence néerlandaise, qui a pris son essor à cette période. Simone Van der Vlugt évoque très peu la peinture de Rembrandt et de Johannes Vermeer qui a peint la toile « La femme en bleu lisant une lettre » qui sert de couverture à son roman. Ces peintres sont les personnages secondaires de cette histoire pleine de rebondissement.

 

 

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La goûteuse d’Hitler

La Goûteuse d'Hitler - Rosella Postorino

La goûteuse d’Hitler

Roman de Rosella Postorino

Éditions Albin Michel – Janvier 2019emonji étoile de mer 3 a lire avec plaisir

 

Courant 1943, les alliés avancent à l’Ouest et à l’Est. Dans son quartier général, la Wolfsschanze, « La Tannière du Loup », Hitler est aux abois. Craignant d’être empoisonné, il décide de recruter des goûteuses. À la mort de sa mère sous les bombardements, Rosa, une jeune berlinoise est venue se réfugier chez ses beaux-parents à Gross-Partsch en Prusse Orientale. Elle sera l’une d’entre elles. Dans l’attente du retour de son mari Gregor parti se battre sur le front russe, elle se retrouve dans l’obligation de goûter la peur au ventre les plats qui doivent être servis au Führer. Entourée de ses compagnes d’infortune, elles risquent leur vie à chaque repas.

Ce roman nous dévoile une partie sombre de l’histoire laissée longtemps sous silence, elle est tirée de la vie de Margot Wölk qui a attendu l’âge de 96 pour parler. L’auteur, Rosella Postorino n’a pas eu le temps de la rencontrer, elle s’est inspiré de ses dires et a fait des recherches sur cette époque. Un roman qui tient en haleine, il nous fait vivre la peur ressentie par ces femmes à chaque bouchée. Il nous montre la violence qu’ont subie ces Allemandes qui étaient sous les ordres et le bon vouloir des SS.