
Roman de Camilo Sánchez
ana Levi – 2017Les ateliers d'écriture – Nos coups de coeurs, les auteurs de la Pesqu'île de Crozon et d'ailleurs

Roman de Camilo Sánchez
ana Levi – 2017

Vagabondages en Presqu’île de Crozon
Raphaël Salzedo (photographies) et Gabriel-Xavier Culioli (texte)
Éditions Grandvaux – Juin 2019

Pendant le mois de Juillet, j’ai eu l’occasion d’admirer l’exposition de Raphaël Salzedo à la Maison des 3 Métiers, 13 rue Alsace Lorraine à Crozon. N’hésitez pas à passer le pas de cette porte, située à l’angle extérieur de la place de l’église, au bout du long couloir, vous découvrirez souvent de belles surprises. Hélas, l’exposition est terminée, mais vous pouvez retrouver ses photographies pleines de sensibilité, de poésie et de douceur dans un recueil où elles sont accompagnées des textes de Gabriel-Xavier Culioli.
Raphaël Salzedo a choisi le Noir et Blanc et un développement argentique pour pouvoir travailler sur la lumière, les contrastes et le grain de ses photographies. Certaines d’entre elles donnent l’impression d’être des tableaux à l’encre de chine dessinés à la plume ou au pinceau. Pour d’autres oeuvres, il n’hésite pas à utiliser de façon subtile des techniques d’assemblage à partir de ses tirages originaux. La manière dont sont cadrés les marins dans les haubans révèle la qualité de ce travail artistique. J’ai eu un coup de coeur pour ces photographies, il me reste encore à découvrir les textes de Gabriel-Xavier Culioli …


Roman de Simone vander Vlugt – 2016
Traduction Guillaume Deneufbourg
Éditions Philippe Rey 10/18 – Prix des libraires 2019
En mars 1653, la jeune Néerlandaise Catrijn quitte sa campagne natale après la mort de son mari dont elle subissait des violences qui en plus d’être quotidiennes, lui ont fait perdre son enfant. Elle tente sa chance à Amsterdam où elle trouve un travail d’intendante chez un couple dont la femme est peintre. Catrijn, qui a dû abandonner sa passion la peinture pour un mariage décevant, se retrouve à aider sa patronne dans la préparation de ses couleurs (comme le bleu tiré du lapis-lazuli). La jeune femme suit ainsi discrètement les leçons que sa maîtresse reçoit d’un élève de Rembrandt. Son passé la poursuit, le frère de son mari refusant de la voir partir avec son héritage, a fait ouvrir une enquête. Catrijn qui vient de rencontrer l’amour doit se résoudre à partir encore plus loin …
Ce roman nous fait suivre le parcours d’une femme forte, décidée à survivre à la violence conjugale, mais aussi prête à suivre les opportunités qu’on lui offre pour vivre de sa passion. La peinture, au XVIIe siècle aux Pays-Bas, n’était pas très accessible aux femmes, encore moins aux filles de paysans. Bleu de Delft nous fait découvrir le monde de la faïence néerlandaise, qui a pris son essor à cette période. Simone Van der Vlugt évoque très peu la peinture de Rembrandt et de Johannes Vermeer qui a peint la toile « La femme en bleu lisant une lettre » qui sert de couverture à son roman. Ces peintres sont les personnages secondaires de cette histoire pleine de rebondissement.

Roman de Rosella Postorino
Éditions Albin Michel – Janvier 2019
Courant 1943, les alliés avancent à l’Ouest et à l’Est. Dans son quartier général, la Wolfsschanze, « La Tannière du Loup », Hitler est aux abois. Craignant d’être empoisonné, il décide de recruter des goûteuses. À la mort de sa mère sous les bombardements, Rosa, une jeune berlinoise est venue se réfugier chez ses beaux-parents à Gross-Partsch en Prusse Orientale. Elle sera l’une d’entre elles. Dans l’attente du retour de son mari Gregor parti se battre sur le front russe, elle se retrouve dans l’obligation de goûter la peur au ventre les plats qui doivent être servis au Führer. Entourée de ses compagnes d’infortune, elles risquent leur vie à chaque repas.
Ce roman nous dévoile une partie sombre de l’histoire laissée longtemps sous silence, elle est tirée de la vie de Margot Wölk qui a attendu l’âge de 96 pour parler. L’auteur, Rosella Postorino n’a pas eu le temps de la rencontrer, elle s’est inspiré de ses dires et a fait des recherches sur cette époque. Un roman qui tient en haleine, il nous fait vivre la peur ressentie par ces femmes à chaque bouchée. Il nous montre la violence qu’ont subie ces Allemandes qui étaient sous les ordres et le bon vouloir des SS.

Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n’en as qu’une
Roman (de développement personnel) de Raphaëlle Gordano
Édition Eyrolles (2015) – Pocket (Avril 2019)

Camille a tout pour être heureuse, mais elle a pourtant l’impression de passer à côté de sa vie. Lors d’une journée désastreuse, elle tape à la porte de Claude un « routinologue » qui aimablement lui propose son aide. Camille ne se doute pas que la rencontre avec cet homme va changer son existence.
L’histoire est écrite comme un conte où le « routinologue » est le bon génie. Par de bons conseils, de bonnes citations, il va aider Camille à sortir de la routine où elle et sa famille commencent à s’engluer. J’ai trouvé agréable de lire ce roman de développement personnel bien qu’il me semble un peu idyllique à la fin. Même, si certains conseils tombent sous le sens et qu’il n’est pas toujours facile de les suivre au quotidien, lire ce genre de littérature ne peut pas faire de mal, bien au contraire …

Ornithologue de terrain, photographe, graphiste, Serge Kergoat est un artiste animalier passionné par les oiseaux depuis ses plus jeunes années. Il vous propose une approche engagée, sensible, pleine d’humour du monde merveilleux des oiseaux.


Du cap Sizun jusqu’au pays des Abers en passant par la baie de Douarnenez, la presqu’île de Crozon, la rade de Brest et les îles de Sein, de Molène et d’Ouessant, tout ce qu’il faut savoir de l’histoire de l’Iroise, de sa géographie, sa géologie, son patrimoine naturel et culturel, sa faune et sa flore, son économie, ses personnages célèbres ou non.
Parution : 2019-06-10

Roman de Marianne Jaeglé
Édition L’arpenteur (Gallimard – Avril 2016)

D’après les conclusions des historiens Steven Naifeh et Gregory White Smith, Vincent Van Gohg a été assassiné. Se basant sur cette conclusion, Marianne Jaeglé retrace les dernières années de vie de Vincent Van Gogh, de mai 1888, période où il vivait à Arles et espérait la venue de Paul Gauguin, jusqu’au jour fatidique du 25 juillet 1890 où il mourut d’une blessure par balle.
Ce roman est empreint d’émotions que Marianne Jaegle a su merveilleusement restituées. Nous rentrons dans la peau du peintre Vincent Van Gogh, l’éternel écorché vif, au coeur rempli de doute, n’ayant aucune confiance en lui, ni en son talent, mais ne pouvant vivre qu’on peignant, persuadé d’être un poids pour son frère Théo qui croit en lui envers et contre tout et ne sait comment lui faire comprendre. L’auteur réussit brillamment à nous démontrer comment la société dans laquelle vivait Vincent Van Gogh a pu engendrer cette terrible fin.
J’avais eu l’occasion d’apprécier le film « At Eternity’s Gate » de Julian Schnabel, sorti le 15 Février sur Netflix, avant de lire le roman de Marianne Jaegle.